Sciences po po

Jeudi 24 juillet 2008
Que penser du comportement du Parti socialiste français lors et à l'issue du Congrès de Versailles du 21 juillet dernier?

Tout d'abord, demi-surprise, la discipline de vote sur une question institutionnelle complexe a été quasi respectée (la cause du "quasi" a donné lieu à suffisamment de commentaires pour ne pas en ajouter).

En revanche, l'après congrès, c'est à dire le constat pour le PS d'une défaite en termes d'image vis à vis du Président de la République, montre une fois de plus la déliquescence de ce parti. Car chacun s'est fendu de sa petite phrase de telle sorte à en tirer profit ou à couler l'adversaire...

Rien ne change, tout se transforme, également, en matière politique !

Dédicace à Juju qui tire sur l'ambulance Lang... (Jack qui, on s'en souvient, était mobilisé aux côtés de François Hollande pour les adhérents à 20 euros... c'était il y a tellement longtemps...)
Par haruki
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Vendredi 11 juillet 2008
Non, non, RTL n'est pas l'unique voix du gouvernement français sur les ondes radiotélévisées. En effet, la tranche matinale d'Europe 1 sert régulièrement la soupe au pouvoir actuel.
Exemple : ce matin.

8h40 : interview d'Ingrid B., la "lady Di franco-colombienne". Jean-Pierre Elkabbach, connu pour ses engagements très à gauche, nous présente Ingrid (j'écris Ingrid comme on écrivait Ségolène... ça rapproche des vrais gens quand on t'appelle par ton prénom) comme une icône des temps modernes, pas de vagues, interview très propre, très estampillée "Élysée". Spiritualité, religion, souffrances, union nationale, etc
Pas de questions sur les conditions de détention des prisonniers chinois, non, trop pertinent...

Parfait du bon boulot.

9h00 : interview de Carla B. Album du moment, une artiste formidable, etc. "Mon mari ceci, mon mari celà..." Rrhgmf.
On en redemanderait.

Alors évidemment, on peut soupçonner un manque d'objectivité.

Simplement, Europe 1, c'est tout de même des journalistes de droite : JP Elkabbach (ancien président de la radio), Catherine Nay (éditorialiste conservatrice), Jacques Pradel, etc.
Des interviews matinales où sont surreprésentées les personnalités du gouvernement (mais que fait le CSA?) : Bernard Kouchner, Christine Lagarde, Xavier Bertrand, etc, etc.

Elle est loin l'époque d'Europe 1, radio libre.

Bémol : Pierre-Louis Basse, excellentissime
Par haruki
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Mardi 8 juillet 2008
Aujourd'hui intervenait le vote pour la présidence du groupe PS à l'Assemblée nationale. En somme, il s'agissait de déterminer quel serait le chef de file de l'opposition politique au gouvernement et à Nicolas Sarkozy...
Résultat : on reconduit Jean-Marc Ayrault, dont la caractéristique principale tient à son charisme, assez proche de celui du flanbyant François Hollande. Preuve est faite que le parti est dirigé par le bloc des mous et des "sans ligne politique".
Montebourg présentait l'avantage de vouloir faire du PS une machine à cogner, pas de manière systématique mais de façon argumentative. La classe en somme.
Mais le choix a été clair : 120 voix en faveur de  l'immobilisme et dela dérive centriste du PS.

Merci la gauche

Vivement vivement un autre monde... de gauche
Par haruki
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Lundi 7 juillet 2008
A. Montebourg et JM. Ayrault © AFP 2008 On pensait qu'il avait touché le fond. Non, le Parti socialiste français ne manque pas d'ingéniosité pour atteindre les fosses abyssales de la nullité politique.

Pour deux raisons majeures :
1)  ce parti n'a plus de fond idéologique depuis de nombreuses années. La dernière fois qu'une contribution de fond a été déposée lors d'un congrès, ce devait être dans les années 70 et ce devait même être l'oeuvre d'un désormais ancien socialiste, JP Chevènement.
Aujourd'hui, le PS se contente de manipuler les antiennes du moment et au fil des congrès de les sortir et les scander dans un ordre différent : environnement, justice sociale, libertés publiques, règlementation du capitalisme, etc.
Beaucoup de slogans et malheureusement rien derrière.

2) La transformation du PS en parti de gouvernement en a fait une écurie de candidats potentiels. Candidats à la présidence de groupe, candidats à la présidence de collectivités territoriales, candidats ci candidats ça.
Le plus amusant, c'est qu'en l'absence de leader naturel, les alliances se font et se défont à vitesse supersonique.

- Julien Dray était hollandiste en 2006, avant d'être royaliste en 2007 et enfin drayiste en 2008 : on s'en doutait un peu que Juju courait en solo...reste à déterminer ce qu'est le drayisme. Personnellement, ça ne m'attire pas.
- Royal a toujours joué le cheval "Ségolène". C'est un cas désespéré, sans aspérité intellectuelle. N'en parlons plus.
- Les médias nous sortent Benoit Hamon. Peu convaincant. Manuel Valls? trop Sarkozy de gauche (en plus, cela ne va pas ensemble, la recette ne fonctionne pas). Fabius, DSK? C'est terminé pour eux. Delanoé : on l'aime bien quand il ne prend pas la parole. Quand on l'écoute, il énerve assez rapidement. Trop moraliste, trop faussement collectif cet homme là. Et puis ce mot "libéral", c'est au mieux une faute de communication.
- Non celui que je préfère à la rigueur c'est Montebourg : le NPS, c'est lui, la fronde (solitaire) au congrès du Mans, c'est lui. Ces deux dernières années ne plaident pas en sa faveur : alignement derrière Royal (Montebourg est socialiste et donc suiviste et perso), retour dans le courant majoritaire, alliance avec DSK, etc.
Reste qu'il a des opinions, un fond intellectuel peu sujet à polémiques et un talent oratoire, point faible notoire de plus de la moitié des prétendants socialistes à la tête du PS ou du pays.

Vivement l'aggiornamento de ce parti. Vivement un leader charismatique. Vivement des trentenaires et des quadras en qui croire !!
Par haruki
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Jeudi 3 juillet 2008
Ingrid Betancourt est une icône.

Les mass média l'ont créée de toute pièce, ont fait du personnage un symbole de souffrance.
Pourtant, comme dans l'affaire "Lady Di", ce que les médias véhiculent de compassion, de temps et d'énergie à l'égard de la situation de la franco-colombienne est très loin de ce que les gens souhaiteraient. En effet, les gens se foutent de la libération de Betancourt comme ils se foutent des prisonniers politiques en Chine ou des innocents dans les couloirs de la mort aux Etats-Unis...

Dans toute cette affaire, les mass media ont joué un rôle dangereux, consistant à mettre en avant un personnage  dont personne ne connaissait l'existence (vague candidate à la présidentielle en Colombie), en développant l'image de sainte (quitte à ce que la confrontation avec les faits casse le mythe). Ce mouvement médiatique "people" était bien entendu soutenu par le politique, bien content de se mobiliser derrière une cause si noble et les valeurs de liberté (Delanoë, si tu me lis...). Les liens sont très poreux entre l'ex. candidate Ingrid B. et la classe politique française puisque Dominique de V. est un ami personnel !
Manière de dire qu'Ingrid n'est pas une enfant des faubourgs crasseux de Bogota (vous me direz, ce n'est pas une tare d'êtr bien né en politique, ca se saurait).
Les médias ont imposé aux yeux, oreilles, esprits avides d'information un message de compassion universel et toalement iindigne d'intérêt   quotidiennement, de manière évenementielle et naturellement transgressive.

L'affire Betancourt révèle, après d'autres faits d'information, une réalité médiatique peu glorieuse : les médias ne transmettent  plus que quelques messages simples (les raisons sont multiples et n'ont pas besoin d'être rappelées ici) qui obéissent à des ressorts simplistes :
- la surévaluation des faits divers (c'est porteur)
- la mise en avant du loisir (sports)
- dans les matières "nobles" (politique, société, économie), les informations privilégiées sont de court terme et alarmistes ; elles se succèdent dans un flot continu de messages vidés de sens.
Le media surexpose puis... oublie (quid du tibet?)
- la mise en avant des icônes, symboles : les arbres qui cachent la forêt...(cf. Lady Di, Ingrid B. , Carlos... non je m'égare)

Ingrid Betancourt, très honnêtement, j'en aassez depuis fort longtemps. assez qu'on en parle, assez qu'on me dise qu'on se mobilise pour elle, assez qu'on me dise que les Français (sic!) se mobilisent.
Cela fait 6 ans qu Betancourt accompagne nos dîners. Indigestion !
Au point, je le confesse, que j'ai parfois penser adhérer chez les FARC ou à exprimer ma solidarité à leur égard en adhérant à un quelconque mouvement internationaliste prolétarien.

enfin dans tout mal il y a un bien :
On va pouvoir ENFIN enlever le portrait christique de Betancourt des batiments publics. Pas très laïc cette Pièta

Conseil du moment: plutot qu'ingrid betancourt, soutenez Battisti, les anciens Brigades rouges menacés d'expulsion, les sans-papiers, Dominique de Villepin, Mumia, les prisonniers innocents, Jack Lang, etc.
Surtout ne perdez plus votre temps : allez aux expos, cultivez vous et ne regardez plus la télévision !!!!!!!!!!
De toute façon, très prochainement, vous aurez le droit aux interviews, aux articles, aux reportages, et au livre sur l'histoire d'Ingrid B., l'icône de la liberté.
6 ans de captivité pour un succès d'édition, c'est un moindre mal !
Par haruki
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Mardi 27 mai 2008
Nicolas Sarkozy parlait ce matin sur RTL. Au delà d'un discours convenu chez un politicien qui fréquente les arcanes du pouvoir depuis 20 ans, une phrase m'a frappé particulièrement : "Pourquoi voulez-vous que je me donne tant de mal? C'est parce que j'y crois encore!"
Oui notre Président de la République est un être hors du commun, dont on loue ou admire l'énergie à longueur d'éditorial (contempteurs et opposants le font d'un égal mouvement).
Ce matin, 5h30, il était à Rungis, pour rencontrer la France qui "se lève tôt". Puis il donnait une interview. Avant probablement de remettre des décorations, de présider un conseil des ministres, réaliser deux ou trois discours, s'entretenir de la situation militaire de notre pays, etc.
Plus tôt, il parcourait le monde, concluant des contrats industriels, traversait la France de par en par pour la réveiller et louer la "Réforme".

Sarkozy symbolise l'énergie inépuisable. Un mythe où Sysiphe serait Stakhanov. C'est à dire un être hors du commun, dont l'énergie constituerait l'identité.
L'adrénaline que l'on sent en lui lorsque le jeu politique s'empare de son corps nous  subjugue ou nous agace. Notre président est omniprésent politiquement, médiatiquement, dans sa fonction présidentielle et au dehors.
Ah oui! Mais tous ces efforts ne révèlent-ils pas plutôt la quête éffrénée de cette molécule chimique qu'est l'endorphine? Générée par l'effort physique, elle engendre un sentiment d'apaisement à qui la produit. Footings, activité permanente jusque dans des "tics" que l'on ne contrôle plus, Sarkozy est le symbole de l'angoisse contemporaine. Lui-même est anxiogène et entretient cette image. Son fonds de commerce politique repose sur cette idée de peur...

Quand la morphopsychologie et l'étude comportementale servent l'analyse politique...
Par haruki
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